Il est difficile d’éviter de parler du marché immobilier canadien de nos jours. Des médias aux conversations avec nos amis et voisins, il semble que tout le monde parle du prix élevé des maisons.

Grâce aux bas taux d’intérêt, à la spéculation et à l’afflux d’acheteurs étrangers dans certaines régions, le marché était déjà en surchauffe avant la pandémie. Ensuite, le confinement a fait augmenter la température davantage en encourageant les gens à acheter des espaces de vie plus grands pour y aménager un bureau, un gym et de l’espace pour le divertissement à la maison.

Le prix de vente moyen d’une maison au Canada était de 696 000 $ en avril 2021, en hausse de 41,9% en un an. Ce chiffre, bien que largement rapporté dans les médias, est trompeur car les moyennes sont faussées par les différences régionales et de type d’habitations dans le calcul des ventes d’un mois à l’autre.

Si on regarde des indices avec des méthodologies plus fidèles à la réalité, les chiffres sont plus raisonnables, même si la croissance des prix d’une année à l’autre est toujours importante. L’indice des prix des propriétés MLS® (IPP MLS®) qui est ajusté pour tenir compte des régions et du type de maison, est une mesure plus rigoureuse de la croissance des prix pour des propriétés similaires. L’IPP MLS® non désaisonnalisé a augmenté de 23,1% d’une année à l’autre en avril. Un autre indice qui inclut les régions et le type de propriété, l’indice de prix de maison composite Teranet-Banque Nationale, a augmenté de 11,9% d’une année à l’autre en avril.

Des données fiables fournissent une bonne dose de tempérance dans un marché volatil. L’indice Teranet est la mesure la plus fiable car il est basé sur les données du cadastre des transferts réels de propriété. L’indice IPP se fonde uniquement sur les ventes traitées par le système MLS, avant les transferts réels de terrains. Cela signifie que les ventes privées et les ventes qui échouent à la signature ne sont pas correctement capturées par l’indice IPP.

Les prix des maisons au Canada ont grimpé en flèche bien avant d’autres pays développés comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, selon l’OCDE. Certains observateurs parlent d’une bulle et la Banque du Canada semble de plus en plus préoccupée par le montant de la dette que les ménages contractent pour acheter une maison, la qualifiant de « vulnérabilité clé » pour l’économie.

Certes, les prix élevés de l’immobilier sont bons pour la valeur nette de ceux qui sont déjà sur le marché. Mais même s’ils s’émerveillent de l’appréciation de leur propriété, de nombreux propriétaires s’inquiètent de la façon dont les jeunes vont pouvoir s’offrir une maison sans s’endetter massivement.

De plus en plus, les parents interviennent pour aider leurs enfants adultes – une situation qui peut contribuer à la spirale des prix à la hausse. Cet article du Globe and Mail indique que certains parents contractent même des hypothèques inversées sur leur maison pour aider un enfant à verser une mise de fonds pour une maison (une pratique que nous déconseillons fortement pour diverses raisons).

De nombreux parents sont en mesure d’aider. Cependant, aider les enfants adultes avec le coût d’achat d’une maison n’est pas une décision à prendre à la légère. Si vous envisagez emprunter cette voie, vous devez d’abord et avant tout vous assurer que ce don d’argent à vos enfants ne mettra pas en péril votre santé financière et votre retraite. Vous devez être particulièrement prudent si vous avez déjà des dettes et / ou prévoyez d’emprunter davantage pour financer l’achat de la maison de votre enfant.

Une fois certain d’être en mesure d’aider, voici trois façons de le faire.

  1. Prêtez les fonds à votre enfant – C’est généralement la meilleure option. Vous devrez rédiger un accord de prêt formel avec votre enfant. Il doit préciser le montant du prêt, les modalités de remboursement, le taux d’intérêt à payer et la date d’échéance des intérêts. Si vous facturez des intérêts, cet argent devient un revenu imposable entre vos mains. L’attrait d’un prêt pour de nombreux parents est que les fonds sont protégés en cas de rupture de la relation de votre enfant. L’argent devient une dette sur les biens familiaux que les parents peuvent rappeler au cas où la relation ne fonctionnerait plus.

 

  1. Cosignez l’hypothèque – Vous pouvez aider votre enfant à obtenir une hypothèque en tant que cosignataire du prêt. Co-signer un prêt hypothécaire signifie que vous garantissez la dette. Si votre enfant ne peut pas payer, vous en serez responsable. Si vous empruntez cette voie, il est important que votre nom soit également inscrit sur l’acte de propriété. Cela fournira une mesure de sécurité pour le risque que vous prenez, mais cela signifie également que vous partagez la responsabilité légale en cas de problème avec la maison. Il y a quelques autres points à surveiller. Premièrement, la cosignature d’une hypothèque pourrait avoir une incidence sur votre hypothèque existante si vous en avez une. Deuxièmement, vous n’êtes peut-être pas admissible à l’exemption pour résidence principale sur les gains en capital de la maison de votre enfant. Alors, sachez que vous pourriez être confronté à une facture fiscale future sur toute augmentation de la valeur de la propriété.

 

  1. Offrez de l’argent en cadeau – Vous pouvez simplement donner à votre enfant une somme d’argent à utiliser pour un acompte. Bien qu’il n’y ait pas d’impôt à payer sur les cadeaux au Canada, ce n’est généralement pas une option que je recommande. C’est parce que l’argent n’est pas protégé en cas de rupture de la relation de votre enfant. L’argent fait partie du patrimoine familial à être partagé par le couple une fois qu’il est utilisé pour acheter une maison. Bien sûr, si cela ne vous préoccupe pas, ce serait le moyen le plus simple d’aider.

 

Le marché immobilier résidentiel canadien est-il dans une bulle? Les bulles d’actifs sont notoirement difficiles à identifier avant qu’elles n’apparaissent. Même si nous sommes dans une bulle, elle pourrait continuer de gonfler beaucoup plus longtemps que nos attentes.

Nous n’avons aucun moyen de savoir où va le marché, mais si vous envisagez d’aider un enfant adulte à acheter une maison, assurez-vous de demander conseil concernant vos options à un professionnel qualifié avant de prendre une décision.