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21 novembre 2014

Les FNB axés sur la qualité

BMO Gestion d’actifs a jusqu’ici en 2014 lancé trois FNB d’actions de « qualité » : le BMO MSCI Europe de haute qualité couvert en dollars canadiens, le BMO MSCI Monde de haute qualité et le BMO MSCI américaines de haute qualité. Contrastant avec de nombreux produits financiers disponibles sur le marché, ces nouveaux venus s’appuient sur des recherches scientifiques démontrant que les actions de haute qualité jouissent d’un rendement espéré supérieur à la moyenne. Qu’est-ce qu’un indice axé sur la « qualité »? En quoi la qualité est-elle importante? Quels en sont les risques?

Qu’est-ce qu’un indice boursier axé sur la « qualité »?

Un indice boursier axé sur la qualité rassemble des sociétés qui affichent une rentabilitéi élevée régulièrement, ainsi qu’un faible niveau d’endettement. Dans la littérature scientifique, on utilise souvent le terme « rentabilité » comme synonyme de « qualité ».

En quoi la « qualité » est-elle importante?

La « qualité » s’inscrit dans une approche de placement dite « factorielle ». Selon cette approche, les rendements d’un portefeuille sont déterminés par ses caractéristiques (ou « facteurs ») plutôt que par la capacité du gestionnaire à sélectionner les bons titres. Selon des études statistiques, l’exposition aux actions (plutôt qu’aux obligations) de style valeur (plutôt que croissance) et de sociétés à petite capitalisation (plutôt qu’à grande capitalisation) accroît le rendement espéré. Dans la même veine, des recherches récentes ont démontré qu’une exposition accrue aux actions de qualité (tous les autres facteurs étant constants par ailleurs) résulte également en un rendement espéré plus élevé.

Un article expliquant plus en détail le facteur de qualité (ou rentabilité) a été publié par Robert Novy-Marx (Université de Rochester), une autorité en la matière.

Trois risques liés aux placements dans la qualité

Le facteur de qualité bénéficie d’appuis importants parmi les chercheurs de renom en finance. Il convient toutefois d’en comprendre les risques :

  • Risque comportemental : Un portefeuille de « qualité » sélectionnera un nombre restreint de titres. Sa composition différera donc beaucoup du marché dans son ensemble. À cause de cette différence, il faut s’attendre à subir occasionnellement des périodes de rendement inférieur pouvant durer quelques mois, voire des années. Les investisseurs doivent être prêts à ne pas abandonner leur stratégie de portefeuille durant ces périodes difficiles.
  • Dérive de portefeuille : Le facteur de « rentabilité » ou de « qualité » fonctionne de façon optimale lorsque les autres facteurs demeurent constants. Un portefeuille axé uniquement sur ce facteur finira par ne contenir que des actions de grande capitalisation de style croissance, ce qui annulera probablement en partie les avantages du facteur de rentabilité.
  • Le passé n’est jamais garant de l’avenir : Bien que les actions de qualité aient historiquement offert un rendement supérieur, ce surplus de rendement pourrait ne pas se reproduire dans l’avenir. Un placement de « qualité », tout comme les autres approches factorielles, ne garantit pas des rendements supérieurs.

Comment PWL intègre-t-elle le facteur de qualité aux portefeuilles de ses clients?

Les fonds d’actions de Dimensional Fund Advisors, qui constituent une partie importante des portefeuilles PWL, intègrent le facteur de qualité à leur gestion depuis environ deux ans. Lors de notre processus continu de révision diligente, nous avons constaté que Dimensional utilise cette stratégie de façon réfléchie, prudente et équilibrée, afin de retirer le maximum du facteur de qualité tout en minimisant les risques.

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i Bénéfice d’exploitation / valeur aux livres de l’avoir des actionnaires

Par : Raymond Kerzérho | 0 commentaires
5 novembre 2014

Fin du programme d’assouplissement quantitatif : est-ce une occasion de « market timing »?

La semaine dernière, la Réserve fédérale américaine a annoncé la fin de son programme d’achat d’obligations, aussi connu sous le nom « d’assouplissement quantitatif ». Ce programme avait été lancé dans le but d’appuyer l’économie américaine dans la foulée de la crise financière de 2008. La fin de l’assouplissement quantitatif soulève des questions : Nous dirigeons-nous vers une hausse des taux américains? Nous dirigeons-nous vers une hausse des taux canadiens? Y a-t-il une occasion de gérer activement le portefeuille d’obligations afin de produire un rendement plus élevé?

Nous dirigeons-nous vers une hausse des taux américains?

Bien je ne puisse pas (personne ne le peut) prédire les taux d’intérêt, je peux fournir une estimation très juste des attentes. En effet, il existe un marché très actif sur l’achat et la vente de titres américains à revenu fixe de courte échéance, connu sous le nom de « contrats à terme sur les eurodollars ». Ce marché indique que l’on prévoit une hausse de taux totalisant 0,50 % dans les prochains douze mois. Bref, le marché s’attend à une hausse modeste des taux de court terme.

Nous dirigeons-nous vers une hausse des taux canadiens?

Tout comme aux États-Unis, il existe au Canada un marché à terme pour les titres à revenu fixe de courte échéance (contrats à terme sur acceptations bancaires). Le marché indique que l’on ne s’attend à pratiquement aucun changement des taux canadiens dans la prochaine année.

Est-ce une occasion de gérer activement le portefeuille d’obligations?

Tel que mentionné précédemment, je ne crois pas que le marché obligataire soit prévisible et ou offre la possibilité de rendements supplémentaires par la gestion active. Mais qu’arriverait-il si nous pouvions prédire dans quelle direction iront les taux des banques centrales? Cette question a été analysée lors d’une récente présentation par Dave Plecha, qui est le directeur de la gestion des titres à revenu fixe chez Dimensional Fund Advisors.

Plecha a étudié les rendements réalisés par les obligations canadiennes de courte et de longue échéance lors des épisodes de hausse de taux de la Banque du Canada depuis 1980. Les obligations à long terme sont beaucoup plus sensibles aux changements de taux que celles à court terme. En principe, les obligations de courte échéance devraient surpasser celles de longue échéance lors des épisodes de hausse de taux. Le tableau ci-dessous démontre que la réalité est tout autre :

Lors des quatre épisodes où la Banque du Canada a haussé ses de façon significative, les obligations de courte échéance n’ont surpassé celles de longue échéance qu’à seulement deux occasions, ce qui contredit l’intuition selon laquelle elles auraient du les surpasser à tout coup. En réalité, la politique de la banque centrale n’est qu’un parmi plusieurs facteurs qui détermine le comportement des obligations, avec comme résultat que même quelqu’un qui serait informé d’avance des décisions de la banque ne pourrait obtenir du succès en gérant activement un portefeuille d’obligations.

Par : Raymond Kerzérho | 0 commentaires