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29 novembre 2016

Conseils en placement : les services quantifiables

Évaluer les conseils en placement constitue une étape difficile mais nécessaire sur le chemin de votre succès financier. Ce cinquième billet examine les services offrant des avantages quantifiables.

Encadrer les comportements

Les conseillers en placement considèrent souvent que les investisseurs, lorsque livrés à eux-mêmes, ne parviennent pas à se discipliner comme il le faudrait pour concevoir et mettre en œuvre une stratégie de portefeuille efficace. Mais est-ce prouvé? Il semble que oui. Des études montrent en effet que les investisseurs ont de la difficulté avec leurs placements et, particulièrement, qu’ils ont tendance à se lancer dans des activités de synchronisation des marchés (acheter et vendre au « bon moment ») qui nuisent aux rendements de leurs portefeuilles.

La méthode aujourd’hui couramment utilisée pour prouver cette difficulté consiste à comparer les rendements des placements de fonds communs de placement (les rendements réalisés par les fonds) avec les rendements des investisseurs (les rendements réalisés par les investisseurs qui détiennent les fonds) pour des placements correspondants. Les rendements des placements sont évalués selon des taux de rendement pondérés en fonction du temps, alors que les rendements des investisseurs sont évalués selon des taux de rendement pondérés en fonction de la valeur1.

Selon cette méthode, deux études2, 3 concluent que les investisseurs ont tendance à réussir moins bien que les fonds dans lesquels ils investissent, par une marge de 1,50 % et 1,56 %, respectivement, en raison de mauvais choix dans la synchronisation des marchés. En supposant qu’un conseiller se contente d’éliminer la synchronisation des marchés, il créera, grâce à son encadrement du comportement, un avantage de 1,50 % pour le client.

Rééquilibrer votre portefeuille

Avec le temps, les fluctuations du marché font que les portefeuilles de placement s’éloignent de leur répartition cible (par exemple, 60 % actions / 40 % obligations). Le rééquilibrage est le processus qui consiste à ramener les différentes catégories d’actifs à leurs pondérations cibles.

Dans une étude récente4, PWL a comparé le rendement et la volatilité (qui mesure le risque) d’un portefeuille canadien sans qu’il ait été rééquilibré ou en le rééquilibrant selon dix stratégies naïves, entre 1980 et 2014. Tous les portefeuilles rééquilibrés ont produit des rendements supérieurs à celui du portefeuille non rééquilibré et ont été moins volatils. On est parvenu à la même conclusion avec les résultats des trois sous-périodes, soit de 1980 à 1991, de 1992 à 2003 et de 2004 à 2014. Enfin, nous avons effectué une analyse des dix mêmes stratégies de rééquilibrage en les appliquant à trois portefeuilles étrangers (américain, britannique et japonais). Nous avons constaté que 29 des 30 portefeuilles rééquilibrés naïvement ont produit de meilleurs rendements que le portefeuille non rééquilibré. Nous estimons que le rééquilibrage accroît le rendement ajusté en fonction du risque de 0,41 %, déduction faite des frais de transaction et des impôts.

Sélectionner les placements

La sous-performance des fonds communs de placement activement gérés n’est plus à démontrer. Une étude récente de The Vanguard Group5 a évalué le dépassement de coûts moyen qu’ils occasionnent pour l’investisseur en calculant l’écart entre 1) le coût moyen du placement (frais de gestion, frais administratifs et taxes de ventes) dans les fonds communs de placement et les FNB vendus au Canada et 2) le quartile des fonds les moins coûteux. Les auteurs ont conclu qu’en sélectionnant des fonds passifs à faibles coûts, un conseiller peut faire économiser 1,31 % à ses clients. Il s’agit selon nous d’une estimation prudente, car d’autres données de Standard and Poor’s concluent à une sous-performance bien plus nette des fonds communs de placement gérés activement5.

Conclusion

Alors que la plupart des services offerts par les conseillers en placement sont difficiles à évaluer, certains peuvent être estimés. Encadrer les comportements, rééquilibrer le portefeuille et sélectionner les placements constituent trois services essentiels dont la valeur peut être quantifiable et importante. Dans le sixième et dernier billet de cette série, nous résumerons les principales conclusions que nous avons exposées jusqu’à maintenant.

Autres billets publiés dans la même série :

Comprendre la valeur d’un conseiller en placement 
Le bon conseiller : chercher une aiguille dans une botte de foin
Les conseils en placement explicités 
Les conseils en placement explicités : la suite 

1 Pour en savoir plus sur les taux de rendement pondérés en fonction du temps et en fonction de la valeur, nous vous suggérons de lire l’article suivant : Bender, J., Bortolotti, D., Understanding Your Portfolio’s Rate of Return, PWL Capital, 2015.
2 Rich, R., Jaconetti, C., Kinniry, F., Bennyhoff, D., Zilbering, Y., L’attribution d’une valeur à votre valeur : quantifier l’alpha du conseiller de Vanguard, The Vanguard Group, 2015.
3 Friesen, G., Sapp, T., Mutual Fund Flows and Investor Returns: An Empirical Examination of Fund Investor Timing Ability, CBA Faculty Publications, 2007.
4 Kerzérho, R., Le rééquilibrage en question : Quelle valeur le rééquilibrage ajoute-t-il à votre portefeuille?, PWL Capital, 2015.
5 Le rapport SPIVA pour le Canada fait état d’une sous-performance moyenne des fonds communs de placement activement gérés par rapport à leurs indices de référence de 2,46 % pour la période 2010-2014 et de 2,50 % pour la période 2005-2009.

Par : Raymond Kerzérho | 0 commentaires
25 novembre 2016

Balado : Des FNB Étonnants

Le secteur des produits de placement innove constamment afin de créer de nouveaux produits étonnants. 2016 n’a pas fait exception, alors que de nombreux fonds négociés en bourse « thématiques »  extrêmement originaux ont vu le jour.

Le nouvel épisode du balado « L’investissement décomplexé »  vous propose un regard sur les nouveaux produits les plus étonnants de 2016 et sur leur potentiel de rendement et de risque. Nous discutons aussi des motivations des firmes qui mettent en marché ces produits et des clients qui y investissent, en compagnie de Raymond Kerzérho, François Doyon La Rochelle et Peter Guay de PWL Capital.

Par : Raymond Kerzérho | 0 commentaires
23 novembre 2016

Les conseils en placement explicités : la suite

Évaluer les conseils en placement constitue une étape difficile mais nécessaire sur le chemin de votre succès financier. Ce quatrième billet clôt notre discussion sur les services de placement dont les avantages sont difficiles à quantifier.

Vérifier le rendement de votre portefeuille une fois par an

Cela peut surprendre, mais un grand nombre d’investisseurs ne vérifient pas le rendement de leur portefeuille régulièrement. Ce n’est pas le cas des conseillers financiers compétents, qui effectuent cet exercice. Comme les rendements peuvent être calculés de plusieurs façons, la première étape de ce service consiste à déterminer la méthode de calcul appropriée. La deuxième étape est, bien sûr, celle du calcul du rendement. En troisième lieu, ce rendement doit être comparé à un indice de référence afin de déterminer s’il est ou non satisfaisant. L’indice de référence est traditionnellement l’indice composé qui reflète la répartition de l’actif du portefeuille. Grâce à cet indice, il est possible de savoir si votre portefeuille suit le marché. Par exemple, si la répartition de l’actif d’un portefeuille est 50 % actions canadiennes/50 % obligations canadiennes, l’indice de référence sera alors constitué à 50 % de l’indice composé S&P/TSX et à 50 % de l’indice obligataire FTSE TMX. Une autre façon d’évaluer votre rendement est de mesurer si vous atteignez votre objectif financier. Par exemple, si votre but est d’avoir un actif de 850 000 $ d’ici 2024 et, qu’en 2016, vous êtes passé de 550 000 $ à 625 000 $, c’est que vous avez eu une bonne année.  

Intégrer la gestion de portefeuille à la planification financière et fiscale

Aucun conseiller, même le plus avisé, ne peut contrôler le rendement à court terme de votre portefeuille, qui dépend totalement des aléas du marché. Mais quelle que soit la conjoncture, la planification financière vous aide à fixer des objectifs qui sont plus importants pour votre bien-être que le strict suivi du rendement du marché. Intégrer la planification financière et la gestion de portefeuille contribue à établir les bons objectifs pour vous et à mieux évaluer le rendement de votre portefeuille. En outre, lorsque la planification et la gestion de portefeuille sont effectuées sous un même toit, on découvre souvent des crédits d’impôt additionnels et d’autres possibilités d’économies.

Tirer parti des pertes fiscales

Un investisseur réalise parfois des gains en capital dans des comptes imposables. Après une correction du marché, des titres sont souvent vendus à perte pour que l’investisseur puisse récupérer les impôts sur les gains en capital payés et cumulés au cours des trois années d’imposition précédentes ou pour utiliser ces pertes afin de réduire de futurs gains en capital imposables. Un conseiller en placement compétent aura le réflexe de réviser votre portefeuille après un repli des marchés et réalisera les pertes si cela vous permet de récupérer de l’argent auprès du gouvernement. Par la suite, le conseiller remplacera le titre vendu par un autre (la législation fiscale ne vous permet pas de racheter le même titre immédiatement) qui fournit une exposition similaire au marché. 

Positionner les actifs

Le positionnement d’actifs consiste à trouver le compte le plus avantageux fiscalement pour chaque placement du portefeuille. Différents types de revenus de placement sont imposés différemment. Les intérêts des obligations et les dividendes des actions étrangères sont imposés au taux d’imposition ordinaire des particuliers, alors que les dividendes des sociétés canadiennes et les gains en capital bénéficient d’un traitement fiscal préférentiel sous la forme du crédit d’impôt pour dividendes canadien et du taux d’inclusion (actuellement de 50 %) des gains en capital. Le service de positionnement d’actifs consistent ainsi à « placer » les catégories d’actifs qui ne donnent pas lieu à un traitement fiscal préférentiel dans des comptes bénéficiant d’un report d’impôt (comme votre REER) et à mettre celles qui bénéficient d’un traitement fiscal préférentiel dans un compte imposable (comme votre compte en dollars canadiens). Bref, vous pouvez obtenir un rendement après impôt supérieur en positionnant les bons investissements dans les bons comptes.

Définir et mettre en œuvre une stratégie de retrait pour les retraités

Souvent, l’une des préoccupations des retraités est d’obtenir un revenu durable pour la vie. Une bonne stratégie de retrait les aidera à tirer le meilleur parti de leur portefeuille sans épuiser leur actif avant leur décès . De plus, elle permettra de minimiser l’impôt à payer en prévoyant les retraits des bons montants entre les comptes imposables et les comptes enregistrés.

Conclusion

Les deux derniers billets ont exposé neuf services dont les avantages sont difficiles à quantifier. Dans le prochain billet, nous discuterons des services dont la valeur peut être estimée.

Autres billets publiés dans la même série :

Comprendre la valeur d’un conseiller en placement 
Le bon conseiller : chercher une aiguille dans une botte de foin
Les conseils en placement explicités

Par : Raymond Kerzérho | 0 commentaires
15 novembre 2016

Les conseils en placement explicités

Évaluer les conseils en placement constitue une étape difficile mais nécessaire sur le chemin de votre succès financier. Dans ce troisième billet de notre série sur la valeur des conseils en placement, ainsi que dans le prochain, nous décrirons certains des services offerts par les conseillers en placement compétents, et plus particulièrement les services qui procurent des avantages difficiles à quantifier.

Évaluer votre tolérance au risque

Les questionnaires d’évaluation de la tolérance au risque, qui recommandent une répartition actions/obligations en fonction d’un barème, sont nombreux sur le Web. Cependant, avant de recommander une répartition de l’actif, un professionnel du placement s’entretiendra généralement avec ses clients pour mieux comprendre leur personnalité.

Évaluer votre situation personnelle, familiale et professionnelle

Le processus de gestion de portefeuille doit être centré sur vous et vos besoins. Le seul moyen d’établir et de maintenir un bon portefeuille au fil du temps est de faire en sorte qu’il reflète votre personnalité, votre situation familiale ainsi que votre situation en affaires. Un mariage, un divorce, une naissance, un changement à votre état de santé ou l’achat ou la vente d’une entreprise sont autant d’exemples de changements personnels qui auront une influence sur votre portefeuille.

Préparer une politique de placement

Une fois que votre profil d’investisseur (tolérance au risque, situation personnelle, professionnelle et familiale) est établi, vous devez mettre par écrit votre stratégie de placement. Cette politique de placement servira de guide pour les décisions concernant votre portefeuille, surtout en périodes de tension des marchés. Également, cette politique lie le gestionnaire de votre portefeuille à votre stratégie, pour que vous n’ayez pas à vous inquiéter d’un changement d’orientation décidé sans votre consentement.

Dans une politique de placement, on retrouve généralement :

a) un objectif de rendement et des contraintes de risque;
b) un horizon temporel;
c) une répartition de l’actif;
d) des exigences de liquidité;
e) des considérations fiscales et juridiques;
f) des contraintes ou des exigences spéciales (par exemple, éviter les sociétés cigarettières).

Concevoir votre portefeuille

Investir, c’est être rémunéré pour prendre un risque de placement, sans toutefois mettre son patrimoine en danger. En d’autres termes, s’il faut prendre des risques pour générer des rendements, il est capital de bâtir un portefeuille qui vous évitera de perdre définitivement une grande partie de votre actif. Un tel portefeuille intègre la diversification à quatre niveaux différents :

a) Catégories d’actifs : actions et obligations
b) Régions : Canada, États-Unis et marchés internationaux
c) Secteurs : services financiers, biens de consommation, technologie, etc.
d) Titres : Le portefeuille doit contenir autant de titres différents que possible.

Au-delà de la diversification, il faut savoir que certains titres ont tendance à produire de meilleurs rendements que d’autres. Votre stratégie de placement permettra ainsi d’accroître les rendements attendus si elle privilégie ces titres. Par exemple :

a) les obligations de sociétés font souvent mieux que les obligations d’État;
b) les actions de petites sociétés font généralement mieux que celles des grandes;
c) les actions de valeur font généralement mieux que les actions de croissance.

Conclusion

Ce billet a exposé quatre services dont les avantages sont bien réels, mais difficiles à quantifier. Dans le prochain billet, nous conclurons la discussion en nous attardant à quelques autres de ces services auxquels il est difficile d’attribuer une valeur précise, même s’ils sont essentiels à la création d’un bon portefeuille.

Autres billets publiés dans la même série :

Par : Raymond Kerzérho | 0 commentaires
10 novembre 2016

Balado : Regard sur la compétition entre les gestions passive et active de portefeuille

De nombreuses personnes croient que les investisseurs à succès se fondent sur la gestion active de portefeuille, soit principalement une sélection de titres judicieuse qui offre la possibilité d’obtenir des rendements supérieurs à la moyenne du marché. Cependant, la gestion passive des placements, qui propose au contraire de capturer le rendement du marché gagne de plus en plus en popularité.

Où en est la compétition entre les gestions passive et active? Quelle approche gagne le plus de part de marché? Et comment expliquer les développements dans l’environnement compétitif?

Le nouvel épisode du balado « L’investissement décomplexé » discute de la compétition entre les fonds gérés passivement et ceux gérés activement avec Raymond Kerzérho et François Doyon La Rochelle de PWL Capital.

Par : Raymond Kerzérho | 0 commentaires