La minutedes placements

Passer de la confusion à une solide direction

28 juin 2013

Dans notre plus récente parution, nous avons discuté de la nécessité de ne pas tenir compte d’une grande partie de l’information présentée par la presse financière (ou du moins de la considérer pour ce qu’elle est, c'est-à-dire un divertissement) pour avoir une chance de réussir dans ses placements. En effet, décider de ses placements sur la base de prévisions d’experts ou encore d’événements politiques ou économiques, par exemple, mène tout droit à la confusion. Certaines publications, par contre, méritent vraiment que les investisseurs s’y intéressent, car elles permettent de donner une solide direction à un portefeuille. C’est le cas, notamment, d’un article (en anglais seulement) publié dernièrement par le Groupe Vanguard. Nous ne le résumerons pas ici, car le blogue du Canadian Couch Potato (en anglais seulement) l’a déjà fort bien fait. Nous aimerions toutefois insister sur certaines informations cruciales présentées dans cet article.

  1. Les auteurs ont réalisé une analyse statistique approfondie de plusieurs indicateurs couramment utilisés pour prévoir les rendements de la bourse américaine. Le résultat? Seul le ratio cours/bénéfice constitue un indicateur à peu près valable. Tous les autres indicateurs sont un échec retentissant.
  2. Parmi ces indicateurs défaillants, mentionnons le consensus sur la croissance du PIB et des profits. Oui, vous avez bien lu. Ces indicateurs n’ont aucune valeur prévisionnelle. Pourtant, les experts s’en remettent constamment à eux pour prévoir l’évolution des marchés, sur la base de leurs projections de croissance.
  3. Le ratio cours/bénéfice du marché explique les rendements à environ 40 %, ce qui est est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Bonne nouvelle parce que 40 % constitue une proportion considérable et que cet indicateur peut donc être utile pour déterminer des objectifs de rendement raisonnables. Mauvaise nouvelle également, car les fluctuations des rendements boursiers demeurent pour la plus grande partie (60 %) imprévisibles.

Un point de vue personnel
L’article du Groupe Vanguard nous aide à mieux formuler la mission des investisseurs, car il est vrai que ces derniers ont bien une mission. Comme les travailleurs de toutes les professions, les investisseurs rendent un service et sont rémunérés en retour. Le rôle des investisseurs est de fournir des capitaux aux sociétés cotées et d’absorber la volatilité des marchés, même lorsqu’elle est extrême. En retour, ils profitent de rendements à long terme qui dépassent ceux des obligations et des certificats de dépôt.

Le fait de jouer activement à la bourse met cependant ces rendements en péril. En tentant d’être plus intelligent que le marché, l’investisseur risque de sous-pondérer le portefeuille au mauvais moment ou encore de détenir les mauvais titres, échouant ainsi à capturer le rendement du marché. Ce dernier est en effet bien plus intelligent que l’intervenant de marché le plus intelligent que j’aie rencontré.

Raymond Kerzérho

Président, comité de l’investissement et
Directeur de la recherche
PWL Capital Inc.