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Les fonds négociés en bourse sont-ils dangereux? (4e de 4)

5 avril 2012

Après un départ modeste dans les années 1990, les fonds négociés en bourse (FNB) sont devenus un phénomène majeur dans les marchés financiers : ils représentent en effet 1 300 milliards $ US en actifs sous gestion à l’échelle mondiale. Cette croissance fulgurante a donné lieu à des critiques de la part d’investisseurs, de journalistes et d’organismes de réglementation. Dans les trois premiers articles de cette série, nous avons abordé les mérites et les inconvénients redoutés des FNB physiques, synthétiques et exotiques. Dans ce dernier article, nous présentons notre propre expérience avec les FNB. PWL Capital intègre ces véhicules de placement aux portefeuilles qu’il gère depuis plus de dix ans, et les résultats sont positifs. Qu’avons-nous appris? Qu’est-ce qui fonctionne et qu’est-ce qui ne fonctionne pas?

Les grandes erreurs et les meilleures pratiques

Nous favorisons les placements simples et faciles à comprendre. Par conséquent, nous avons tendance à éviter les FNB exotiques tels que FNB inverses, à effet de levier et de matières premières, lesquels peuvent s’avérer imprévisibles. Il arrive aussi que la complexité soit utilisée dans le secteur financier pour masquer des frais élevés. Règle générale, la simplicité est l’amie de l’investisseur.

Un autre piège à éviter est de parier sur certains secteurs ou pays. Par exemple, il était très tentant d’investir massivement dans un FNB basé sur l’indice NASDAQ (fortement pondéré dans le secteur des technologies) lorsque celui-ci était à son sommet. Aujourd’hui, douze ans plus tard, cet indice demeure à 40 % en dessous de son niveau maximum atteint en mars 2000. En général, PWL bâtit des portefeuilles largement diversifiés, qui détiennent des milliers de titres de tous les secteurs, dans tous les grands marchés mondiaux et dans des entreprises de toutes tailles (pas seulement les grandes). Nous sommes d'avis que personne ne peut prédire quels secteurs ou pays offriront des rendements supérieurs et, par conséquent, nous évitons de concentrer les portefeuilles dans des FNB axés sur un secteur ou sur un pays.

Une troisième erreur, assez courante, est de négocier les FNB activement. Cette stratégie augmente les frais de transaction et les impôts sans procurer d’avantages en contrepartie. Notre stratégie consiste plutôt à « acheter et rééquilibrer ». Nous investissons conformément à la répartition stratégique visée pour le portefeuille et quand les fluctuations du marché modifient les pondérations, nous vendons une partie des titres appartenant aux classes d’actif surpondérées (dont la valeur s’est appréciée) et nous réinvestissons le produit dans des titres appartenant aux classes d’actif sous-pondérées (dont la valeur s’est dépréciée). Ce faisant, nous achetons à des cours peu élevés et vendons à des cours élevés tout en limitant le nombre de transactions.

Enfin, nous avons commencé à recevoir des questions au sujet des FNB actifs, c’est-à-dire ceux qui représentent une participation dans un portefeuille géré activement. Encore une fois, nous ne croyons pas que les gestionnaires actifs soient capables de prévoir le comportement des marchés. En fait, les fonds communs de placement gérés activement affichent généralement des résultats médiocres. Nous ne sommes pas favorables à la gestion active, qu’elle se présente sous forme de FNB, de fonds communs de placement ou sous toute autre forme. Le gestionnaire actif risque d’acheter les mauvais titres ou d’augmenter les liquidités au mauvais moment, ce qui pourrait priver les investisseurs de rendements boursiers positifs. Selon nous, il est préférable de détenir des FNB suivant de près la tendance générale du marché.

Conclusion

Cette série d’articles visait à aborder les dangers, réels ou redoutés, des FNB. Nous estimons que la plupart des FNB ne sont pas dangereux en soi; si, toutefois, ils sont utilisés de façon inappropriée, ils peuvent entraîner des conséquences indésirables. Les pires erreurs sont souvent causées par la « pensée magique », lorsqu’on croit qu’il est possible de prédire ou encore de déjouer le marché. Mais la finance, contrairement à l’astrophysique, n’est pas une science exacte. Les mouvements des marchés dépendent des comportements humains, lesquels sont hautement imprévisibles. Par conséquent, un portefeuille de FNB largement diversifié, comprenant des actions et des obligations, a toutes les chances d’offrir aux investisseurs une expérience de placement satisfaisante et de leur éviter des pertes irréversibles.

Raymond Kerzérho

Président, comité de l’investissement et
Directeur de la recherche
PWL Capital Inc.