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Les fonds négociés en bourse sont-ils dangereux? (1ère de 4)

8 décembre 2011

Récemment, plusieurs publications ont sonné l’alarme au sujet des fonds négociés en bourse (FNB). Ces critiques visent particulièrement les deux types de FNB qui représentent la plus grande part du marché, soit les FNB « physiques » et les FNB « synthétiques ». Nous reviendrons lors de notre prochaine publication sur les FNB synthétiques, mais aujourd’hui, étudions les arguments de ceux qui redoutent les FNB physiques.

Que sont les FNB physiques?
Les FNB physiques ressemblent aux fonds communs de placement en ce qu’ils détiennent un portefeuille diversifié de titres. Cependant, ils se négocient en bourse et calquent habituellement un indice, de sorte que les titres sous-jacents demeurent stables. Cette caractéristique permet au « spécialiste » (l’opérateur de marché mandaté pour assurer la liquidité d’un FNB en particulier) de créer de nouvelles unités de FNB ou d’en rembourser de façon fluide, en achetant ou en vendant les titres sous-jacents (actions et obligations) sur le marché.

Sur quoi se fondent les inquiétudes à propos des FNB physiques?
Un rapport majeur publié par la fondation Kauffman souligne avec justesse le fait qu’il arrive assez souvent (pour des raisons techniques) que le vendeur dans une transaction de FNB omette de livrer les titres à la date promise (« livraison omise »). L’auteur estime que si un trop grand nombre de vendeurs de FNB omettent tous en même temps de les livrer, il pourrait en résulter une immense série de positions sans titres sous-jacents. Un tel château de cartes mènerait supposément à un effondrement, non seulement du marché des FNB, mais aussi du marché boursier dans son ensemble.

Ces inquiétudes sont-elles fondées?
À notre avis, le « Rapport Kauffman » oublie d’analyser ce qu’est une « livraison omise ». Lors d’une transaction entre un acheteur et un vendeur, il y a échange de titres contre de l’argent. Si le vendeur omet de livrer les titres, l’acheteur ne livre simplement pas l’argent. Dans les faits, toutes les livraisons omises finissent par se régler. Un opérateur de marché qui ne règle pas ses transactions ne peut pas rester en affaires. Aussi, les chambres de compensation peuvent intervenir pour forcer le règlement. Bref, le marché des FNB ne permet pas de créer des titres basés purement sur du vent.

Conclusion
Nous sommes en complet désaccord avec la notion selon laquelle les livraisons omises créent un énorme risque systémique sur les FNB physiques. Les FNB existent depuis plus de vingt ans, incluant la crise financière de 2008-2009, et leur structure a bien fonctionné tout ce temps. Se fondant sur une analyse soignée, PWL a été un pionnier de la construction de portefeuilles prudents incorporant des FNB depuis 2000. Nous sommes persuadés que les FNB physiques représentent l’un des meilleurs véhicules de placement disponibles pour bâtir des portefeuilles robustes.
En terminant, nous souhaitons à nos lecteurs de très joyeuses fêtes.

 

Raymond Kerzérho

Président, comité de l’investissement et
Directeur de la recherche
PWL Capital Inc.