La minutedes placements

La diversification internationale

14 novembre 2011

Nous avons assisté récemment à la Conférence canadienne de Dimensional Fund Advisors (DFA). Il ne s’agissait pas d’une conférence typique pour une société de fonds de placement, car plusieurs présentations étaient données par des professeurs d’université, notamment Eugene Fama (université de Chicago) et Ken French (université de Dartmouth), mais aussi par quelques jeunes spécialistes très talentueux. Les idées de ces penseurs sont enseignées dans les grandes écoles de gestion depuis des décennies. Parmi les idées exposées, deux ont retenu notre attention :

  1. Selon les données des marchés boursiers mondiaux sur 111 ans, le rendement réel estimé (net d’inflation) s’élève à 5,5 % pour un portefeuille mondial. Parmi les 19 pays étudiés, le rendement le plus élevé a été observé en Australie, soit 7,4 %, et le plus faible a été enregistré en Italie, soit un maigre 2,0 %. Face à l’écart extrêmement large entre ces rendements, il saute aux yeux que le risque d’investir dans un seul pays est déraisonnable; en effet, personne ne peut prévoir quels pays surpasseront la moyenne et lesquels produiront un rendement médiocre. Les résultats sont illustrés ci-dessous :
  2. Selon un récent sondage de Towers Watson, les caisses de retraite canadiennes présentent encore un important biais en faveur du Canada : les actions canadiennes représentent en moyenne 45 % de leurs placements boursiers, soit dix fois le poids du Canada dans les marchés mondiaux (4,7 %). Cette pondération trop élevée des actions canadiennes coûte cher en termes de diversification : selon les estimations, les caisses de retraite sont fortement concentrées sur les cinquante plus importantes actions en portefeuille.

Ces résultats plaident nettement en faveur de la diversification internationale. Bien que le marché canadien ait offert l’un des rendements les plus élevés à l’échelle mondiale au cours des dix dernières années, il n’est pas assuré qu’il réalisera de bons rendements dans l’avenir. Bien qu’un certain biais en faveur du Canada puisse se justifier (principalement pour réduire les impôts), la diversification internationale permet d’atténuer les risques découlant d’une concentration, pendant de longues périodes, sur le « mauvais » pays. C’est pour cette raison que les portefeuilles PWL sont généralement beaucoup plus diversifiés sur le plan international que la moyenne des caisses de retraite canadiennes.

Raymond Kerzérho

Président, comité de l’investissement et
Directeur de la recherche
PWL Capital Inc.