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L’ABC de DFA

9 mars 2011

Récemment, Dimensional Fund Advisors (DFA) a remporté des prix Lipper au Canada (meilleur fonds d’actions canadiennes sur trois ans) et aux États-Unis (meilleure famille de fonds d’actions américaines en 2010). Ces récompenses sont un peu inusitées, car DFA cherche en principe à reproduire le rendement du marché, pas à le surpasser. Mais la surprise ne s’arrête pas là, comme en témoigne le classement par quartiles de ses divers fonds d’actions :

Le tableau ci-dessus démontre que depuis leur lancement au Canada, les fonds d’actions DFA de catégorie F se sont classés dans le premier ou le deuxième quartile pour 80 % des observations*. Autrement dit, bien que les fonds DFA aient parfois connu des rendements inférieurs, ils ont la plupart du temps surpassé la médiane des fonds de placement au Canada. S’agit-il d’un accident de parcours? Ou bien ces succès sont-ils susceptibles de se répéter? Nous avons trois raisons de croire que DFA pourrait continuer de surclasser ses pairs – pas chaque année, mais le plus souvent :

A. Faibles frais de gestion : les ratios de frais de gestion des fonds DFA de catégorie F oscillent entre 0,40 % et 0,63 % – une fraction des frais demandés par les fonds concurrents. Cet avantage sur le plan des coûts se traduit directement par des rendements plus élevés.

B. Biais valeur : les fonds DFA surpondèrent les actions de type valeur et sous-pondèrent les actions de type croissance. Les économistes ont maintes fois démontré que les actions de type valeur, qui se négocient à un faible prix par rapport à leur valeur comptable, tendent à surpasser les actions de type croissance, d’où des rendements supérieurs à long terme. À titre d’exemple, les données de Fama et French (deux professeurs de finance associés à DFA) indiquent qu’aux États-Unis, les rendements des actions valeur ont surpassé ceux des actions croissance 54 années sur 84.

C. Biais faibles capitalisations : les fonds DFA surpondèrent les actions de faible capitalisation et sous-pondèrent les grandes capitalisations. Encore une fois, les recherches universitaires démontrent que les actions de petites sociétés tendent à produire des rendements supérieurs sur de longues périodes, probablement par compensation du risque plus élevé.

En conclusion, il semble que les succès de DFA ne soient pas l’effet du hasard. Gérer les coûts d’exploitation rigoureusement, acheter et conserver très longtemps une multitude d’actions de type valeur et de faible capitalisation – souvent peu aimées des autres gestionnaires – crée un avantage économique. Bien sûr, les investisseurs le reconnaissent : ils ont fait de DFA l’une des principales firmes de gestion aux États-Unis en lui confiant plus de 200 milliards de dollars.  

*Les fonds DFA de catégorie A se sont classés dans le premier ou le deuxième quartile pour 73 % des observations (22/30).

Raymond Kerzérho

Président, comité de l’investissement et
Directeur de la recherche
PWL Capital Inc.