Anthony Layton MBA, CIM

Président du conseil d’administration et
chef de la direction, gestionnaire de portefeuille

Peter Guay MBA, CFA

Gestionnaire de portefeuille
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11 juin 2018

Devrais-je investir dans des actions du cannabis?

 

La légalisation est une réalité au Canada et on entend toutes sortes d’histoires au sujet d’amis qui ont fait beaucoup d’argent avec des titres du cannabis. Trop beau pour être vrai, n’est-ce pas? À certains moments l’an dernier, certaines plateformes de courtage à escompte étaient tellement encombrées par les ordres de clients voulant ces actions qu’elles ont dû fermer temporairement. 

Dans cet épisode, je vais vous parler des aspects à considérer avant d’embarquer sur l’Ananas Express en pensant atteindre l’indépendance financière. Je vous invite à me dire ce que vous en pensez en me laissant un commentaire plus bas. 

Si vous lisez encore ce texte, c’est que, de toute évidence, vous n’avez pas de problème moral à investir dans des actions du cannabis. D’ailleurs, il sera intéressant de voir comment les fonds socialement responsables vont traiter ces titres. Est-ce qu’ils vont les inclure dans la catégorie des vices comme le tabac et l’alcool, ou bien est-ce que les bienfaits médicaux du cannabis l’emporteront sur le reste? Pour le savoir, il va falloir attendre. 

Avant de plonger dans le vif du sujet, soyons honnêtes pendant quelques instants. La seule raison pour laquelle la plupart des gens envisagent le moindrement d’acheter de telles actions est le fait qu’elles se sont beaucoup appréciées. C’est vrai pour la plupart des bulles, en fait. Lorsque les prix montent, plus de gens le remarquent, ce qui les fait monter encore, et un cercle vicieux s’installe. Ce phénomène incite en soi à la prudence. 

Pour vous donner une idée des sommets que ces actions ont atteints, je vais vous fournir quelques chiffres. Aurora Cannabis et Canopy Growth sont les principaux titres du cannabis sur le marché canadien. Dans le dernier exercice pour lequel ces entreprises ont déclaré des revenus, elles ont fait 18 millions et 40 millions respectivement. Ce n’est pas rien! La valeur de leurs actions en circulation, toutefois, est de 4,6 milliards et 5,6 milliards, c’est-à-dire 95 et 65 fois la valeur de leurs revenus. Les titres ordinaires du secteur pharmaceutique se négocient à environ 3,5 à 5 fois la valeur des revenus! 

Mais attendez… Est-ce qu’il n’y aura pas un énorme marché pour la marijuana lorsqu’elle sera légalisée? Je n’en doute aucunement, mais il serait bon d’y réfléchir attentivement quelques minutes. Selon moi, les prix de ces actions semblent indiquer que le marché de la marijuana rivalisera avec celui de la cigarette, que les quelques entreprises actuelles occuperont tout le marché et que le cannabis est déjà en vente aujourd’hui!

Aurora Cannabis Canopy Growth
$18 million $40 million
$4.6 billion $5.6 billion

 

Et je n’ai même pas parlé encore de certains des risques auxquelles ces entreprises font face. Tout d’abord, le processus de la légalisation est loin d’être limpide. De nombreux obstacles réglementaires sont à prévoir avant que ces sociétés commencent à vendre des volumes importants de cannabis. Ensuite, la concurrence des grandes entreprises des secteurs du tabac et des produits pharmaceutiques sera massive. Qui peut dire lequel des titres du cannabis actuels existera encore dans cinq à dix ans?

Entendons-nous, je ne dis pas que vous ne devriez pas vous amuser un peu. Comme pour toutes les bonnes choses que vous ne devriez pas consommer, allez-y avec modération. La même chose s’applique aux actions du cannabis. Si vous voulez jouer un peu, faites-le dans un compte distinct et limitez la somme investie. Ne misez pas votre retraite sur des titres qui pourraient se dissiper en fumée!

Par : Peter Guay | 0 commentaires
22 mai 2018

L’ISR et les facteurs ESG

 

L’investissement socialement responsable (ISR) gagne en popularité depuis quelques années et il est facile d’en comprendre les raisons. Vous vous trouvez à investir votre argent et à bâtir un patrimoine en alignant vos placements sur vos valeurs personnelles. Mais en quoi consiste l’investissement socialement responsable et comment pouvez-vous être sûrs que vous investissez d’une manière éthique? 

L’investissement socialement responsable correspond à une stratégie de placement qui prend en compte à la fois le rendement financier et le bien collectif et vise le changement social. Le rendement financier est une notion que nous connaissons tous, mais vous vous demandez probablement ce que signifie le bien collectif, pas vrai? En fait, ce concept varie en fonction des valeurs de chacun, mais il est habituellement défini dans le secteur des placements de la façon suivante : les facteurs environnementaux, sociaux et liés à la gouvernance ou (ESG). 

Les facteurs environnementaux tiennent compte de l’impact des entreprises sur la qualité de l’air, la terre, l’eau et la santé humaine. Les facteurs sociaux englobent les antécédents des entreprises dans le domaine des droits de la personne et le soutien accordé aux collectivités où elles exercent leurs activités. Enfin, les facteurs liés à la gouvernance comprennent les pratiques de rémunération de la direction, la diversité du conseil d’administration et la gestion des risques d’entreprise. 

Examinons les chiffres. Comme je l’ai dit, l’IRS est de plus en plus populaire et les milléniaux qui investissent génèrent une croissance considérable dans ce secteur, car ils sont plus susceptibles que les baby-boomers de tenir compte des facteurs ESG dans leurs décisions de placement. Ils recherchent davantage les entreprises qui s’efforcent de relever les défis environnementaux et sociaux actuels. 

Selon le rapport de tendances 2016 de l’Association pour l’investissement responsable (AIR), les actifs faisant partie d’une stratégie d’investissement responsable au Canada ont une valeur approximative de 1,5 billion de dollars. Ce rapport indique aussi que l’investissement responsable représente 38 pour cent du secteur des placements canadien. Je prévois que ce pourcentage augmentera, surtout depuis que la Loi sur les régimes de retraite de l’Ontario exige que ces régimes comprennent un énoncé sur l’investissement socialement responsable dans leurs politiques de placement. 

Comment faire, donc, pour mettre en place un portefeuille de placements socialement responsable. Voici quelques réponses à cette question. 

Le premier moyen est la sélection négative, qui consiste à exclure les entreprises et les industries dont les pratiques et les comportements sont contraires à vos valeurs. Certaines personnes ne veulent pas investir dans les produits du tabac, de l’alcool ou du cannabis, tandis que d’autres éliminent les sociétés dont les activités sont considérées comme défavorables à l’environnement et au bien collectif. À titre d’exemple, le mouvement récent aux États-Unis pour ou contre le contrôle des armes à feu incite de nombreux investisseurs à s’interroger sur la présence de fabricants d’armes dans leur portefeuille et les moyens de les éviter. 

Un autre moyen consiste à tenir compte des cotes ESG. Plusieurs indices sélectionnent et classent les entreprises en fonction de leurs pratiques ESG. Ils fondent la pondération de chacune des entreprises sur son classement selon ces critères. 

Il n’existe cependant pas de rapport ESG global qui évalue toutes les sociétés ouvertes, mais plusieurs indices sont produits par des fournisseurs indépendants. Comme vous vous en doutez, les méthodes employées varient énormément, donc le mieux est de travailler avec un conseiller en qui vous avez confiance pour trouver les placements qui vous conviennent. Personnellement, je privilégie les FNB basés sur le système d’évaluation MSCI ESG, pour lequel je fournis un lien ci-après. 

La popularité croissante des indices comme celui-là indique aux sociétés ouvertes que si elles veulent mobiliser des fonds sur les marchés, elles attireront davantage les investisseurs si elles ont un comportement éthique. 

Le dernier moyen dont je parlerai est l’investissement d’impact. Les rendements ne sont alors pas le principal objectif. Vous investissez plutôt dans des projets dont le rendement pourrait être inférieur à celui du marché, mais qui correspondent à vos objectifs environnementaux ou sociaux. Le financement de projets d’assainissement de l’eau ou le microfinancement de petites entreprises dans les pays africains pauvres en constituent de bons exemples. 

Il est important de comprendre que l’investissement socialement responsable ou conforme aux principes ESG ne donnera pas nécessairement lieu à des rendements supérieurs dans votre portefeuille. À ma connaissance, aucune étude universitaire n’est en effet parvenue à de telles conclusions. Si vous en connaissez une, dites-le-moi! Cela dit, si l’affirmation de vos valeurs et de vos opinions au moyen de vos placements est importante pour vous, il se peut que vous soyez prêts à renoncer à un certain rendement financier pour avoir la conscience tranquille et la certitude que vous agissez pour le bien de la planète et des autres. 

Comme toujours, je fournirai quelques liens ci-après pour ceux qui souhaitent lire d’autres documents sur l’ISR, les facteurs ESG et l’investissement d’impact. Laissez un commentaire plus bas si vous avez des questions sur cet épisode ou que vous souhaitez me contacter. 

Par : Peter Guay | 0 commentaires
10 mai 2018

Fractionnement du revenu

 

J’ai déjà parlé dans cette série du fractionnement du revenu au moyen d’une société, mais les choses ont changé! En décembre dernier, le ministre des Finances, Bill Morneau, a annoncé de nouvelles règles. Je vais vous expliquer dans cette vidéo, en quoi ces changements sont susceptibles de vous affecter, vous, votre famille, votre entreprise, et, bien entendu, quelle seront leur incidence sur vos impôts. 

Si vous vous souvenez, j’expliquais dans mes vidéos précédentes que les propriétaires de petites entreprises et les professionnels constitués en société avaient recours à la répartition du revenu pour rediriger leur revenu d’entreprise vers des membres de leur famille se situant dans des fourchettes d’imposition moins élevées, le plus souvent en distribuant des dividendes. 

Ces dividendes sont souvent discrétionnaires, donc le propriétaire peut déclarer n’importe quel montant pendant un exercice donné à l’intention d’un membre de la famille en particulier, si ce dernier est actionnaire de l’entreprise. Cette stratégie ne fonctionnait que pour les membres de la famille les moins imposés de 18 ans et plus en raison de ce qu’on appelle l’impôt sur le revenu fractionné (IRF). Pour les membres de la famille de moins de 18 ans, le taux marginal d’imposition qui est appliqué à ces dividendes est le plus élevé,  donc cela n’a jamais été considéré comme une option. Je ne veux pas entrer dans les détails des principes de la répartition du revenu, alors je vais insérer un lien vers cette vidéo pour ceux qui veulent se rafraîchir la mémoire. 

Le gouvernement a modifié ces règles en ciblant directement les professionnels constitués en société (médecins, avocats et autres) qui bénéficient de taux d’imposition moins élevés sur des revenus qui, sans la société, seraient pleinement imposables aux taux marginaux les plus hauts. En d’autres mots, le gouvernement considère que ces professionnels n’ajoutent aucune valeur à notre économie en décidant de former une société. Donc, ils ne devraient pas avoir droit aux nombreux avantages fiscaux qui en découlent. Je ne tenterai pas de déterminer si ce raisonnement est justifié ou non. Ce que je peux dire, c’est que toutes sortes de petites entreprises doivent composer avec ces changements, qui suscitent une tempête de protestations parmi les entrepreneurs et leurs comptables! 

En quoi consistent donc ces changements? Les règles de l’IRF ont été élargies pour englober les actionnaires adultes de sociétés privées, ainsi que les enfants mineurs auxquels elles s’appliquaient déjà. 
La question qui se pose est désormais la suivante : si vous êtes propriétaire d’une société privée et que vous souhaitez verser des dividendes à des membres de votre famille qui sont actionnaires, quand pouvez-vous le faire sans être assujetti aux nouvelles règles? Pour échapper aux nouvelles règles, vous devez essentiellement pouvoir démontrer une contribution importante à l’entreprise. Le gouvernement fédéral met en place des «lignes de démarcation nettes» pour exclure certains membres de la famille de l’application de l’IRF. 

Voyons un peu quelles sont ces exclusions. L’une vise le conjoint du propriétaire de l’entreprise, s’il a plus de 65 ans. L’autre concerne les adultes de plus de 18 ans qui ont apporté une contribution importante de main-d’œuvre à l’entreprise pendant l’année ou durant l’une des cinq années précédentes. L’ARC évalue cette contribution importante à 20 heures par semaine en moyenne.  

En voici une autre : si vous avez 25 ans ou plus, vous pouvez être exempté de l’application de l’IRF si vous détenez plus de 10 % de la valeur des actions et que la société tire moins de 90 % de son revenu de la prestation de services. Cette exemption ne s’applique pas aux sociétés professionnelles, cependant.  

Enfin, si vous tirez des gains en capital d’actions admissibles de petite entreprise et que, selon les règles existantes, vous n’êtes pas assujetti au taux marginal le plus élevé sur ces gains, alors les nouvelles règles sur les exceptions s’appliquent à vous. 

Mais qu’arrive-t-il si vous ne tombez dans aucune de ces catégories? Eh bien toute personne de 25 ans ou plus qui ne répond pas aux critères d’exclusion décrits avant serait normalement assujettie au critère du caractère raisonnable visant à déterminer quelle part des dividendes reçus, devrait être imposée au taux marginal le plus élevé. Dans certains cas, les adultes âgés de 18 à 24 ans qui ont contribué à une entreprise familiale avec leur propre capital pourront se prévaloir du caractère raisonnable relativement au revenu connexe.  

Ce qui me déplaît dans tout cela, c’est que la loi fiscale devient encore plus complexe, ce qui accroît les possibilités de conséquences involontaires. Ces règles sont embrouillées et elles feront faire aux comptables bien des heures supplémentaires pour déterminer à qui et comment elles doivent s’appliquer. 

Comme toujours, je vous fournis plus bas quelques liens si jamais vous voulez en savoir davantage sur ces changements. 

  • https://www.fin.gc.ca/n17/data/17-124_1-fra.asp 
Par : Peter Guay | 0 commentaires